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Thursday, August 17, 2006

Zinedine Zidane, du méchant à la victime

Football . La Fédération internationale (FIFA) ouvre une enquête disciplinaire à l’encontre du joueur, après son coup de tête.
Y a-t-il une dimension raciste dans les propos tenus par Materazzi à l’encontre de Zidane au soir de la finale de Coupe du monde Italie-France, et si oui, comment la sanctionner ? Pour l’heure, tant que Zidane se tait, il n’y aura d’autre élément de preuve que la scène elle-même, et ce « coup de boule ». La procédure disciplinaire que va ouvrir la FIFA à l’encontre du joueur va de toute façon le contraindre à s’expliquer.
Pour la presse britannique qui a convoqué à son tour les spécialistes de la lecture sur les lèvres, The Times, The Sun et le Daily Mail arrivent tous à la même conclusion. Alors que Zidane s’éloignait, Materazzi lui aurait dit : « On sait tous que tu es le fils d’une pute terroriste ». Au Brésil, TV Globo a avancé une autre version des propos échangés. La connotation raciste ne serait pas alors établie à l’instant précis de l’altercation. Reste de toute façon un comportement inadmissible sur un terrain de football, tant pour l’insulteur que pour l’insulté, mais qui pose plusieurs questions sur l’attitude tolérée dans un stade. C’est là que l’on touche aux limites du sport de haut niveau, et des méthodes de certains entraîneurs qui versent dans le discours de « guerre à l’autre » pour donner de l’agressivité (transformée en valeur positive du sport) à leurs joueurs. Témoin, le sélectionneur espagnol Aragones quand il exacerbe la rivalité de Reyes avec Thierry Henry en la plaçant sur un terreau raciste. Si c’est le cas (lire ci-dessous), alors ça doit aussi être sanctionné.
Le paradoxe, c’est que pour la première fois dans l’histoire du Mondial, la compétition s’était engagée officiellement à lutter contre le racisme. Des banderoles ont été présentées avant le début des rencontres, des messages lus par les capitaines d’équipes.
Chez les Bleus, la question est encore plus sensible avec le combat affirmé de Lilian Thuram. Et c’est Zidane qui, avant France-Brésil, avait lu en compagnie de Cafu un message en ce sens. « Le racisme n’a pas sa place dans notre société - et encore moins dans le football » a aussi écrit Zidane, avant la finale, dans une déclaration à l’organisation FARE (Football Against Racism in Europe). « On ne doit pas se cantonner aux appels et aux paroles, mais il faut aussi témoigner par son propre comportement. Cela est valable en particulier pour les footballeurs » avait écrit également Fabio Cannavaro, le capitaine des Azzurri. Il n’a pas tort, le milieu du foot a longtemps voulu préserver ses intérêts en ne prenant pas la mesure du racisme, entre cris de singes contre Samuel Eto’o, insultes, ou intimidations physiques comme celles qui ont visé Franck Matingou et Pascal Chimbonda, à Bastia.
Avant que Zidane ne parle dans les prochains jours sans doute, on ne peut que se fier à Materazzi, jouant quelque peu au benêt : « je ne suis pas cultivé et je ne sais même pas ce que c’est un terroriste islamiste (...) Je n’ai certainement pas mis en cause non plus la maman de Zidane, pour moi, la maman est sacrée », a dit le joueur de l’Inter Milan. Qui ne se plaint guère du coup de tête reçu. Et qui relate ainsi la scène à la Gazzetta dello Sport : « J’ai tenu son maillot pendant quelques secondes seulement, il m’a regardé avec super-arrogance en disant : « si vraiment tu veux mon maillot, je te le donnerai après ». Ce qui passe plus pour un trait d’humour de Zizou qu’un énervement. Il a fallu plus, sans doute, qu’un tirage de maillot pour provoquer la colère à froid du Français
posted by nourdine at 9:01 AM

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