zidan

Wednesday, August 16, 2006


Malgré tout, Zidane aurait dû se retenir. C’est sûrement ce qu’il ruminait dans les vestiaires de l’équipe de France alors que ses partenaires s’engageaient, sans lui, dans la séance de tirs au but. On ne saura jamais si son issue aurait été différente avec Zizou, et peu importe, puisqu’il n’y était pas. Le capitaine a laissé ses coéquipiers seuls face à l’événement. Il n’était pas là pour consoler Trezeguet et Lilian Thuram qui fondait en larme durant la séance protocolaire. Le poids de la culpabilité devait être grand pour qu’il n’ose apparaître sur la pelouse pour prendre sa médaille et contempler le spectacle d’une équipe d’Italie tellement contente d’avoir battu les Français, tirs au but ou pas. C’est comme si Zidane avait choisi d’en finir avec son statut d’icône, d’idole un peu trop propre, et de rappeler qu’il est un homme avec ses coups de sang et ses coups de génie. Comme s’il avait choisi un instant entre Pelé l'ange et Maradona le démon, laissant son côté obscur reprendre le dessus l’espace d’un instant pour devenir le premier joueur de l’histoire à prendre deux cartons rouges en Coupe du monde, après celui reçu contre l’Arabie Saoudite lors du Mondial 1998, et le quatrième à marquer dans deux finales. Il devra maintenant vivre avec ça, sans doute jusqu’à sa fin. Et expliquer, un jour qui sait, ce qui s’est passé dans sa tête. La France, pour l’heure, ne semble pas lui en vouloir et ne lui en voudra peut-être jamais. La tristesse est pourtant grande et c’est la sortie de toute une génération (Thuram, Makelele, Barthez ?) qui en prend un coup. On aurait aimé célébrer nos champions, même dans la défaite. Mais sans toi, Zizou, le cœur n’y était plus.
posted by nourdine at 8:02 PM

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