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Monday, August 14, 2006

UN AMOUR DE ZIDANE

Paradoxe. Les premières déclarations tant attendues de Zinedine Zidane hier à la télévision sur son geste pendant la finale contre l’Italie suscitent moins d’interprétations à l’étranger que l’attitude, jugée indulgente, des Français à l’égard du capitaine des Bleus. Les propos de Zidane à Michel Denisot puis à Claire Chazal sont certes largement rapportés, tel quel, alors que le sondage du Parisien révélant qu 61% des Français pardonnent à Zizou le coup de tête qui lui a valu son carton rouge inspire une exégèse à profusion.Le Telegraph note d’emblée la posture de Zizou sur le plateau de Canal + estimant que «son langage corporel donnait l’impression d’un homme assuré d’avoir légitimement défendu son honneur. Il ne faisait pas de doute qu’il était conforté du fait que 61% des Français l’avaient excusé avant même son interview». L’Independent tente, de son côté, une explication à cette jonction entre la solidité de Zidane dans la tempête et la tolérance des Français au sujet de son altercation avec l’Italien Marco Materazzi.«En sa qualité de fils d’immigré qui a réussi à se hisser au plus haut niveau et à devenir le meilleur footballeur au monde », écrit l’Independent, «Zidane est devenu un symbole politique important en France. Malgré le fait qu’il n’ait jamais pris ouvertement des positions politiques, il est le porte-drapeau d’une réconciliation pacifique entre les Français de différentes origines et l’emblème d’une France qui gagne», écrit l’Independent. Pour comprendre le saisissement des anglo-saxons devant l’accueil réservé en France -après quelques 24 heures d’hésitation, malgré tout- à Zinedine Zidane, il faut lire le Times qui fait un parallèle boiteux avec la situation vécue, il y a huit ans en arrière, par David Beckham. Ce fut lors du sommet des huitièmes de finale contre l’Argentine à Saint-Étienne. Match épique de la Coupe du monde de1998 pendant lequel l’ancien capitaine de l’équipe d'Angleterre fut expulsé pour avoir donné un coup de pied à Diego Simeone et le match remporté par les Argentins après prolongations et tirs au but (2-2, 4-3 t.a.b.). Le Times rafraîchit la mémoire de ses lecteurs leur rappelant que les supporters anglais «étaient tellement fulminants contre Beckham que des policiers avaient été appelés en renfort pour le protéger à son retour à l’entraînement avec le Manchester United». Mais encore, l’adjectif le plus courant accolé, à l’époque, à son geste anti-sportif était «insolent»; un terme se conjuguant parfaitement avec «l’image d’un enfant gâté», selon le journal. Le parallèle Beckham-Zidane est boiteux car si les deux ont été expulsés, le premier a commis son geste impardonnable ne supportant pas la pression d’une égalisation 2-2 lors d’un match à haute tension, le second, pour avoir réagi à des insultes. Mais ça, c’est à la Fifa de l’admettre maintenant pour sauver l’honneur du football
posted by nourdine at 7:12 PM

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